Seminar «Ethique, Finance et Responsabilité»
September 24, 2003
(in French only)
Organisé par la Fondation de l’Observatoire de la Finance (www.obsfin.ch - Genève), le séminaire de sensibilisation à l’éthique financière s’est tenu au château de Bossey les vendredi 19 et samedi 20 septembre. Il a réuni une trentaine de participants pour réfléchir aux tenants et aboutissants d’une décision responsable en matière de finance. Les quatre sessions se sont penchées successivement sur la notion du conflit d’intérêts et sur les motivations, sur les normes et les écoles en matière d’éthique, sur le processus de prise de décision et finalement sur la dimension éthique des décisions dites « structurantes », c’est-à-dire celles qui portent sur les règles et les institutions.
Parmi les points forts mis en évidence lors des exposés
ou des discussions quatre méritent d’être mentionnés.
1. La situation de conflit d’intérêt – au sens de motivations pécuniaires non-convergentes - relève plus du normal que de l’exceptionnel dans la vie économique. Les solutions passent tout autant par l’établissement de règles et de critères, notamment en matière d’indépendance, que par la préparation des personnes à surmonter ces conflits lorsqu’il s’agit de prise de décision effective. Alors qu’un grand accent est mis sur l’élaboration des règles et l’ajustement des structures de rémunérations, la préparation à éviter la confusion d’intérêts et au dépassement des conflits fait largement défaut.2. Chaque décision est un moment unique de rencontre d’un sujet volontaire et de son environnement. Le séminaire a fait clairement ressortir qu’une même personne utilise alternativement et sans s’en rendre compte, des registres éthiques différents. De même qu’il y a souvent confusion entre les diverses composantes ou dimensions de décisions. Pour remédier à cette situation, parfois pénible au niveau personnel et risqué au niveau des entreprises, un effort de discernement structuré peut et doit être entrepris.3. L’ouverture des grands responsables économiques au questionnement éthique est très limitée. Et pourtant, en tant que dirigeants confirmés ou dirigeants en herbe (étudiants des MBA), ils ont le pouvoir de véritablement changer les choses. Ceux qui s’y intéressent le font avant tout sous l’aiguillon des risques médiatiques auxquels ils pourraient s’exposer. D’autres font de l’éthique en réponse à une vague ou mode pouvant augmenter les ventes ou marges. Aussi, l’éthique sur l’étiquette se porte plutôt bien, il en va autrement des contenus qui évoluent peu et lentement. Les patrons résistent parce qu’ils ont peur d’ouvrir une boîte de Pandore aux effets imprévisibles à la fois sur les résultats ou la position concurrentielle, et sur les collaborateurs qui pourraient prendre au mot les velléités de l’éthique et devenir moins soumis.4. Les comportements de raiders qui prennent racine dans les divers métiers, notamment dans ceux de la finance, ruinent les structures de confiance qui ont mis des siècles à émerger. Des exemples concrets ont montré à quel point la construction de la confiance est laborieuse et longue (Renaissance PME et Banca Etica). Or grâce à la médiatisation, ces comportements de raiders et les attitudes qui les sous-tendent font école et conduisent nos sociétés tout droit vers la méfiance généralisée. Cette évolution entraîne à son tour le besoin de contrôle et de réglementation ce qui fait exploser les coûts de transaction. A moyen terme une telle évolution peut s’avérer catastrophique pour ceux des métiers de la finance dont la confiance est la base.
Les orateurs ont souligné le fait que la sensibilisation à
l’éthique dans la finance se heurte à deux grandes
difficultés . En effet, en matière d’éthique
il ne peut s’agir que de la sensibilisation et non de la formation
structurée à proprement parler. Il y a donc d’abord
méfiance par rapport à un savoir « mou » difficile
à baliser dans un syllabus. Par ailleurs, la sensibilisation à
l’éthique exige la prise en compte explicite et précise
de l’environnement professionnel ce qui suppose à son tour
une grande qualité du dialogue. Pour les intervenants provenant
de divers centres travaillant sur les questions d’éthique
économique et financière (France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne,
Suisse) le séminaire a aussi été l’occasion
d’un échange d’expériences et de discussions
sur les questions de pédagogie. A bien des égards l’Observatoire
de la Finance et sa revue « Finance & Bien Commun » apparaissent
comme un lieu de rencontre et de cristallisation des efforts entrepris
en la matière en Suisse et en Europe.
For more information, please contact Mrs Sibilla Guidotti, +41 (0)22 346 30 35, office@obsfin.ch.
