Newsletter Octobre / October 2006
| Le thème du mois / Topic of the month |
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Le thème du mois / Topic of the month
La microfinance: remettre l'homme débout
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Europe: la microfinance se fait une place
Il en va de la notion de
« microfinance » comme de tant d’autres concepts utilisés
quotidiennement : le sens en paraît clair jusqu’au moment où
l’on commence à chercher à le préciser et à
le définir. Parmi les nombreuses définitions de la microfinance,
deux éléments font l’unanimité : il s’agit
d’activités d’un coté impliquant des montants
unitaires relativement faibles et de l’autre visant une population
d’exclus (pauvres, chômeurs, etc.), privée d’autres
accès aux services financiers. Pour les adeptes d’une telle
définition limitée aux seuls aspects formels et matériels,
la microfinance ne serait qu’une gamme de produits financiers parmi
d’autres, qu’il s’agit d’offrir de manière
aussi efficace et rentable que possible, à l’instar de n’importe
quel autre service financier. Pour d’autres, une définition
qui s’arrêterait à ces deux caractéristiques est
inacceptable parce qu’incomplète, car elle laisse de côté
ce qui fait l’essentiel de la microfinance, à savoir sa finalité
ultime qui consiste à générer une « plus-value
sociétale » dont la portée dépasse le cadre strict
de la relation formelle de crédit ou d’épargne. En d’autres
termes, c’est l’esprit et la finalité présidant
à l’offre de produits de microfinance qui distinguent ces activités
des autres services financiers, les caractéristiques techniques comme
les montants en jeu ou le public cible étant - dans cette perspective
- secondaires.
La prise en compte de la finalité extra-financière dans la
définition de la microfinance ne fait pas l’unanimité,
car elle laisse explicitement en dehors de la perspective toutes les initiatives
dont l’objectif est la rentabilité financière. De plus
cette manière de voir réduit sensiblement la lisibilité
du champ, car les finalités sociétales peuvent être
variées, changeantes et parfois composites, tout comme les organismes
chargés de les mettre en oeuvre. Toutefois, les inconvénients
d’une définition articulée autour de la dimension téléologique
ne suffisent pas à en effacer la qualité première,
qui tient au fait qu’elle est la seule acceptable pour la grande majorité
des opérateurs actuels de la microfinance et de leurs précurseurs.
Ainsi, du fait des finalités sociétales qu’elle sert
et qui lui demeurent extérieures - alors que la rentabilité
financière est une finalité immanente - la microfinance peut
être vue, qu’on le veuille ou non, comme un instrument : instrument
de la lutte contre la pauvreté, instrument au service du développement
humain, instrument de l’empowerment des femmes ou de solidarité
des pays riches avec les plus pauvres, ou encore instrument de mille autres
causes tout aussi nobles les unes que les autres, mais instrument tout de
même. Il s’ensuit que cette manière d’appréhender
le phénomène admet que l’opérateur de microfinance
puisse se servir de la relation avec le « client » pour atteindre
d’autres objectifs dont ce dernier n’est ni nécessairement
conscient, ni a fortiori complice.
Pour certains opérateurs, la finalité poursuivie est la sauvegarde
de la dignité de la personne exclue laquelle, grâce au microcrédit,
peut développer les instruments de sa propre subsistance à
moyen et long terme et retrouver ainsi sa place au sein du groupe. Pour
d’autres opérateurs, le microcrédit permet d’offrir
une alternative aux jeunes des milices et guérillas, ce qui augmente
les chances de paix pour des régions entières, alors que d’autres
encore voient dans le microcrédit le moyen de renforcer le pouvoir
des femmes dans les structures traditionnelles souvent très patriarcales,
etc. Dans chacun de ces exemples, la « plus-value sociétale
» est, du point de vue de l’opérateur, au moins aussi
importante que l’avantage privé qu’en retire chacun des
« clients ». Se pose alors la question de savoir si cette plus-value
sociétale est - oui ou non - source de coûts supplémentaires
pour l’opérateur de microfinance.
Paul H. Dembinski, Directeur de l'Observatoire de la Finance
[Lire l'éditorial complet] - [Read the English text]
Lectures recommandées / Suggested readings

Europe:
la microfinance se fait une place,
Finance
& the Common Good / Bien Commun, Automne / Autumn 2006, no 25
Le présent numéro de Finance & the Common Good / Bien Commun permet de donner à la microfinance un cadre concret, celui des défis tant concurrentiels que structurels auxquels la microfinance est confrontée en Europe. Dans la vieille Europe tout comme dans l’Europe qui a secoué le joug du communisme il y a moins de vingt ans, la microfinance joue un rôle important même si quantitativement elle reste marginale. Avec des succès variés, mais avec persévérance, elle offre à ceux qui savent en saisir l’opportunité, la possibilité - pour utiliser une image connue - d’apprendre à pêcher à l’aide d’une canne à pêche faite maison.
This issue of Finance & the Common Good / Bien Commun gives a concrete meaning concerning the competitive as well as the structural challenges that face microfinance in Europe. In the old Europe, as well as in the Europe that has shaken off the yoke of communism less than twenty years ago, microfinance plays an important role, even though quantitatively the sector remains a marginal player. With varied degrees of success but with perseverance, it offers those who see how to seize the opportunity at hand, the possibility - using a well-known image - to learn to fish with a homemade fishing rod.
Compte-rendu de lecture / Book Review
On
ne prête (pas) qu'aux riches – la révolution du microcrédit
Maria Nowak, 2005
Maria Nowak est une promotrice charismatique du microcrédit. Malgré le titre, c'est par-dessus tout son charisme qui se détache dans ce livre.
Maria Nowak is a charismatic promoter of microcredit. Notwithstanding the title, it is above all her charisma which stands out in this book.
Notre rubrique "Vu
dans la presse" / Our
"Seen in the Press" Rubric
Evénements / Events
Le Prix Robin Cosgrove a été officiellement lancé le 29 septembre 2006 à Genève. Il récompensera les idées innovantes et créatives visant à promouvoir l’éthique dans la finance. Les candidats, de moins de 35 ans, sont invités à soumettre des textes inédits, qui peuvent soit être de nature analytique soit être des propositions de projets pratiques.
The Robin Cosgrove Prize has been launched on September 29 in Geneva. It will be awarded for innovative and creative papers setting out proposals or projects to promote ethics in finance and banking. Candidates, under the age of 35, are invited to submit written unpublished papers, which could be analytical in character or proposals for practical projects.
Ethique,
Finance et Responsabilité / Ethics,
Finance & Responsibility
Résumés
de nos discussions / Summaries of speeches
Finance servante ou finance trompeuse?
/ Finance as servant or finance as deceiver?
Retraites: les promesses seront-elles
tenues? / Pensions: will promises be kept?
Entreprise: instrument ou
communauté? / Enterprise: instrument or community?
Corruption et développement
/ Corruption and development
L’héritage éthique
de Peter Drucker, John Galbraith et Sumatra Ghoshal / Peter Drucker’s,
John Galbraith’s and Sumatra Ghoshal’s Ethical Heritage
Les comptes-rendus des réunions du groupe de l'Echo de l'Ethique sont disponibles sur notre site /
Discussions of the Echo de l'Ethique working group are now available on our Website (in French only).
Informez-nous sur vos évenements
à venir / Let us know about your forthcoming events.
A venir / Forthcoming
Finance
& the Common Good / Bien Commun, no 26
Le prochain numéro de notre revue portera sur les dérives financières dans le sport. Sortie: janvier 2007.
Next issue of our review will deal with the topic of the role payed by money in sport. Publication: January 2007.
Observatoire de la Finance
Pour
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la Finance
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