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Newsletter Octobre / October 2006

 

Le thème du mois / Topic of the month

Lectures recommandées / Suggested readings

Evénements / Events

A venir / Forthcoming

Observatoire de la Finance

The Robin Cosgrove Prize

 

 

Le thème du mois / Topic of the month

La microfinance: remettre l'homme débout

 

Le prix Nobel de la paix a été attribué au bangladais Muhammad Yunus, le "banquier des pauvres", et à sa Grameen Bank.
L’Observatoire de la Finance se félicite de cette récompense qui met en valeur le travail remarquable que Muhammad Yunus mène depuis presque de 30 ans.

Les origines de la Grameen Bank remontent au «Grameen Bank Project», que Muhammad Yunus, professeur à l’Université de Chittagong, a lancé en 1976. Sa recherche portait sur la mise en place d’un système de crédit destiné à favoriser l’accès aux services bancaires pour les plus pauvres.
En discutant avec des femmes du village de Jobra contraintes d’emprunter de tout petits capitaux afin d'entreprendre une activité commerciale, comme par exemple acheter une poule pour en vendre les oeufs, Muhammad Yunus se rend compte que c’est le prix de l’emprunt qui empêche ces femmes de s’en sortir. En effet, considérées par les banques traditionnelles comme non solvables, elles ne peuvent que s’adresser aux usuriers.
Muhammad Yunus prête alors de sa poche un petit capital aux 42 femmes les plus pauvres de Jobra: cette première expérience s’avère très positive.
Avec le soutien de la banque centrale du pays et des banques commerciales nationales, le projet prend de l’envergure et, en 1983, le « Grameen Bank Project » se transforme en une banque indépendante.
Aujourd’hui, la Grameen Bank compte 6.67 millions d’emprunteurs, dont 97% de femmes. Elle appartient à 90% aux pauvres qu’elle appuie, le restant 10% appartenant au gouvernement.
Basé sur le principe de donner aux plus démunis les moyens de s’en sortir et de contrôler eux-même leur destin, le système du microcrédit est pratiqué dans une centaine de pays partout dans le monde.
Homme d'actions et d'idées, Muhammad Yunus vient de crée, avec Danone, la Grameen Danone Foods. L’objectif est de proposer une alimentation saine aux populations défavorisées souffrant de carences nutritionnelles au Bangladesh et de contribuer à développer une activité économique de proximité et à créer des emplois dans le secteur agricole ou dans la vente et la distribution.

 

 

 

Europe: la microfinance se fait une place

Il en va de la notion de « microfinance » comme de tant d’autres concepts utilisés quotidiennement : le sens en paraît clair jusqu’au moment où l’on commence à chercher à le préciser et à le définir. Parmi les nombreuses définitions de la microfinance, deux éléments font l’unanimité : il s’agit d’activités d’un coté impliquant des montants unitaires relativement faibles et de l’autre visant une population d’exclus (pauvres, chômeurs, etc.), privée d’autres accès aux services financiers. Pour les adeptes d’une telle définition limitée aux seuls aspects formels et matériels, la microfinance ne serait qu’une gamme de produits financiers parmi d’autres, qu’il s’agit d’offrir de manière aussi efficace et rentable que possible, à l’instar de n’importe quel autre service financier. Pour d’autres, une définition qui s’arrêterait à ces deux caractéristiques est inacceptable parce qu’incomplète, car elle laisse de côté ce qui fait l’essentiel de la microfinance, à savoir sa finalité ultime qui consiste à générer une « plus-value sociétale » dont la portée dépasse le cadre strict de la relation formelle de crédit ou d’épargne. En d’autres termes, c’est l’esprit et la finalité présidant à l’offre de produits de microfinance qui distinguent ces activités des autres services financiers, les caractéristiques techniques comme les montants en jeu ou le public cible étant - dans cette perspective - secondaires.
La prise en compte de la finalité extra-financière dans la définition de la microfinance ne fait pas l’unanimité, car elle laisse explicitement en dehors de la perspective toutes les initiatives dont l’objectif est la rentabilité financière. De plus cette manière de voir réduit sensiblement la lisibilité du champ, car les finalités sociétales peuvent être variées, changeantes et parfois composites, tout comme les organismes chargés de les mettre en oeuvre. Toutefois, les inconvénients d’une définition articulée autour de la dimension téléologique ne suffisent pas à en effacer la qualité première, qui tient au fait qu’elle est la seule acceptable pour la grande majorité des opérateurs actuels de la microfinance et de leurs précurseurs. Ainsi, du fait des finalités sociétales qu’elle sert et qui lui demeurent extérieures - alors que la rentabilité financière est une finalité immanente - la microfinance peut être vue, qu’on le veuille ou non, comme un instrument : instrument de la lutte contre la pauvreté, instrument au service du développement humain, instrument de l’empowerment des femmes ou de solidarité des pays riches avec les plus pauvres, ou encore instrument de mille autres causes tout aussi nobles les unes que les autres, mais instrument tout de même. Il s’ensuit que cette manière d’appréhender le phénomène admet que l’opérateur de microfinance puisse se servir de la relation avec le « client » pour atteindre d’autres objectifs dont ce dernier n’est ni nécessairement conscient, ni a fortiori complice.
Pour certains opérateurs, la finalité poursuivie est la sauvegarde de la dignité de la personne exclue laquelle, grâce au microcrédit, peut développer les instruments de sa propre subsistance à moyen et long terme et retrouver ainsi sa place au sein du groupe. Pour d’autres opérateurs, le microcrédit permet d’offrir une alternative aux jeunes des milices et guérillas, ce qui augmente les chances de paix pour des régions entières, alors que d’autres encore voient dans le microcrédit le moyen de renforcer le pouvoir des femmes dans les structures traditionnelles souvent très patriarcales, etc. Dans chacun de ces exemples, la « plus-value sociétale » est, du point de vue de l’opérateur, au moins aussi importante que l’avantage privé qu’en retire chacun des « clients ». Se pose alors la question de savoir si cette plus-value sociétale est - oui ou non - source de coûts supplémentaires pour l’opérateur de microfinance.

Paul H. Dembinski, Directeur de l'Observatoire de la Finance

[Lire l'éditorial complet] - [Read the English text]

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Lectures recommandées / Suggested readings

Europe: la microfinance se fait une place, Finance & the Common Good / Bien Commun, Automne / Autumn 2006, no 25

Le présent numéro de Finance & the Common Good / Bien Commun permet de donner à la microfinance un cadre concret, celui des défis tant concurrentiels que structurels auxquels la microfinance est confrontée en Europe. Dans la vieille Europe tout comme dans l’Europe qui a secoué le joug du communisme il y a moins de vingt ans, la microfinance joue un rôle important même si quantitativement elle reste marginale. Avec des succès variés, mais avec persévérance, elle offre à ceux qui savent en saisir l’opportunité, la possibilité - pour utiliser une image connue - d’apprendre à pêcher à l’aide d’une canne à pêche faite maison.

This issue of Finance & the Common Good / Bien Commun gives a concrete meaning concerning the competitive as well as the structural challenges that face microfinance in Europe. In the old Europe, as well as in the Europe that has shaken off the yoke of communism less than twenty years ago, microfinance plays an important role, even though quantitatively the sector remains a marginal player. With varied degrees of success but with perseverance, it offers those who see how to seize the opportunity at hand, the possibility - using a well-known image - to learn to fish with a homemade fishing rod.

 

Compte-rendu de lecture / Book Review

On ne prête (pas) qu'aux riches – la révolution du microcrédit
Maria Nowak, 2005

Maria Nowak est une promotrice charismatique du microcrédit. Malgré le titre, c'est par-dessus tout son charisme qui se détache dans ce livre.

Maria Nowak is a charismatic promoter of microcredit. Notwithstanding the title, it is above all her charisma which stands out in this book.

 

Notre rubrique "Vu dans la presse" / Our "Seen in the Press" Rubric

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Evénements / Events

Robin Cosgrove Prize

Le Prix Robin Cosgrove a été officiellement lancé le 29 septembre 2006 à Genève. Il récompensera les idées innovantes et créatives visant à promouvoir l’éthique dans la finance. Les candidats, de moins de 35 ans, sont invités à soumettre des textes inédits, qui peuvent soit être de nature analytique soit être des propositions de projets pratiques.

The Robin Cosgrove Prize has been launched on September 29 in Geneva. It will be awarded for innovative and creative papers setting out proposals or projects to promote ethics in finance and banking. Candidates, under the age of 35, are invited to submit written unpublished papers, which could be analytical in character or proposals for practical projects.

www.robincosgroveprize.org

 

Ethique, Finance et Responsabilité / Ethics, Finance & Responsibility

La 5ème rencontre internationale Ethique, Finance et Responsabilité a eu lieu les 29 et 30 septembre 2006.

The 5th international meeting Ethics, Finance & Responsibility was held on September 29th - 30th 2006.

Résumés de nos discussions / Summaries of speeches
Finance servante ou finance trompeuse? / Finance as servant or finance as deceiver?
Retraites: les promesses seront-elles tenues? / Pensions: will promises be kept?
Entreprise: instrument ou communauté? / Enterprise: instrument or community?
Corruption et développement / Corruption and development
L’héritage éthique de Peter Drucker, John Galbraith et Sumatra Ghoshal / Peter Drucker’s, John Galbraith’s and Sumatra Ghoshal’s Ethical Heritage

 

L'Echo de l'Ethique

Les comptes-rendus des réunions du groupe de l'Echo de l'Ethique sont disponibles sur notre site /

Discussions of the Echo de l'Ethique working group are now available on our Website (in French only).

 

Informez-nous sur vos évenements à venir / Let us know about your forthcoming events.

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A venir / Forthcoming

Finance & the Common Good / Bien Commun, no 26

Le prochain numéro de notre revue portera sur les dérives financières dans le sport. Sortie: janvier 2007.

Next issue of our review will deal with the topic of the role payed by money in sport. Publication: January 2007.

Abonnements / Subscriptions

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Observatoire de la Finance

Devenez membre de l'Observatoire de la Finance et aidez à diminuer la distance entre le côté technique de la finance et sa dimension éthique. /

Become a member of the Observatoire de la Finance and help us to close the gap between the technical and the ethical face of finance.

Pour en savoir plus sur notre fondation / To know more about us: www.obsfin.ch

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